Dès sa découverte, le Gabon fut fréquenté assez activement par les négociants des grandes nations maritimes. Le commerce y prit une certaine importance, surtout au XVIIIe siècle.

Les Portugais dès le XVe siècle, puis les Français, les Anglais et les Hollandais à partir du XVIe siècle, et enfin les Espagnols et les Danois au XVIIIe siècle, pratiquèrent un commerce intensif avec les Gabonais. Ceci permit la naissance d’une société marchande développée : une élite intellectuelle et économique se développa, plus particulièrement chez les populations de la côte, en contact direct avec les commerçants européens.

Les principaux produits étaient l’ivoire et les esclaves, échangés contre des couteaux, des lingots de fer, des cuvettes en laiton, de la poudre et des fusils, de l’alcool, de la verroterie et du tissus.

Durant la première moitié du XIXe siècle, la traite bat son plein, malgré l’organisation de croisières de répression pour son abolition. En 1850, les côtes du Gabon ne présentent qu’une suite de factoreries de traite, malgré l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises et anglaises.

Factorerie
Une factorerie. - Dessin de Riou, d’après un croquis de
A. Coffinières de Nordeck, in A. Marche, 1877.

Après la disparition de la traite, les explorations se multiplient, les factoreries s’installent à l’intérieur d’où rayonnent des marchands européens et africains, autochtones ou non.

La prépondérance britannique se manifeste vers 1843, probablement dûe à la présence constante des marchands anglais. Les navires français étaient beaucoup moins nombreux et plus irréguliers. Jusqu’en 1852, les Anglais contrôlaient 80% en valeur du commerce au Gabon ; les Français à peine 10%. Un renversement de tendance s’amorça après 1852, avec le commerce du caoutchouc dont les Français contrôlaient 70%. Néanmoins, les commerçants anglais dominèrent pendant longtemps encore le commerce au Gabon. Des grandes maisons s’installèrent sur la côte et dans les terres. Dans les factoreries anglaises, on parlait anglais ou pidgin ; beaucoup de ces firmes disparurent après la guerre de 1914-1918.

La langue anglaise entre autres, fut propagée par différents facteurs : les ouvriers spécialisés des factoreries, les mécaniciens, les forgerons, les menuisiers, venaient de Freetown, d’Accra, de Cap Coast et de Lagos. Dans leurs relations avec les gens du pays ils s’exprimèrent en pidgin. Certains mots du vocabulaire pidgin auraient très bien pu passer dans le vocabulaire omyènè, ou influencer la prononciation de certains mots.