
Les emprunts européens en omyènè obéissent à un processus d’assimilation assez régulier.
On remarque que certains changements en particulier dominent :
1. - La fréquence des syllabes finales :
- -VC > -VCV, avec une finale en /i/ dominante.
2. - Le placement presque systématique d’une voyelle dans les groupements de consonnes :
- -CC- > -CVC-, la voyelle utilisée étant le plus souvent le /i/.
3. - Les glissements phonétiques :
a)
- /y/ ("u") > /i/
- /
/ ("e") > /
/ ("è")
- ....
b)
- /S/("ch") > /s/
- /Z/ ("j") > /z/
- ...
Les dérivations sémantiques sont peu fréquentes ; on assiste surtout à des restrictions ou à des élargissements sémantiques.
Il ne faut pas oublier que le Gabon connut très tôt la présence européenne, dès le XVe siècle, et que celle-ci continua de plus en plus forte jusqu’à nos jours, avec une importance croissante de la présence française à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. Cela est démontré de façon très intéressante par la présence simultanée d’items anglais et français utilisés pour désigner le même objet ou concept.
Cependant, de nos jours on remarque un recul de certains mots d’origine anglaise, au profit de mots d’origine française. Exemple : wundè > fenètri... Il est difficile de savoir si ces mots ne sont encore que des citations ou s’ils sont en cours d’intégration.
Les Myènè ont été le premier peuple gabonais à être en contact avec les Européens et ont eut des rapports privilégiés avec eux, de part leur position stratégique sur la côte, entre les Européens et les populations de l’intérieur.
La colonisation et ses séquelles, entre autres, ont pour résultat actuel un abandon progressif de la langue de ceux que l’on surnomme aujourd’hui " les Blancs du Gabon ".